petit lexique rasta

Petit lexique

 

Babylon :
le système politico-économique à l’occidental. Le gouvernement, la police, bref toute forme de répression et d’autorité institutionnelle.

Dada Wa :
paix et amour en amharique (langue éthiopienne)
formule traduisant le message rastafarien : « peace, love & unity ».

Dreadlocks :
nattes non tressées qui rappelle la crinière léonine.

Ganja :
herbe, d’autres termes la désigne : Wisdom Weed, Kaya, Kali, sensie, holy herb…

Grounation : réunion où les rastas chantent, récitent des passages de la bible, dansent,  jouent des percussions nyabinghi…

I :
lettre numérale très largement utilisée dans le langage rasta, par suppression de la première lettre d’un mot etsubstitution par la lettre-chiffre I.
Ce phénomène de préfixation confère une dimension sacrée aux mots.

Ible :
la bible.

I-Dren :
enfants rastas ou « frères ».

I & I :
Je & Je. Expression pouvant signifier Je, Nous, On. Le dédoublement pronominal marque l’attachement à dieu. De fait, l’essence de Jah devient immanente à « Je ».

Inity :
Unité.

Irie :
se sentir bien sous l’effet de l’herbe.

Ites :
salutation rasta.

 Jah :
Le dieu des rastas. Ras Tafari alias Hailé Sélassié.

King :
roi, les rastas se nomment parfois ainsi.

Negus :
roi en éthiopien.

Nyamen :
guerriers africains luttant contre la domination coloniale. Certains rastas s’en réclament.

Nyabinghi :
mot polysémique. A l’origine, il s’agit d’une société secrète africaine ayant mené
des combats contre les colons.
Ce terme signifie également « Mort aux oppresseurs blancs et à leurs alliés noirs ».
Par la suite, nom de la musique rasta composée de différentes percussions issues des tambourinaires Burru.
En dernier lieu, Nyabinghi est un ordre religieux rasta des Caraïbes.

 Prince, Princess :
enfant rasta.

Queen :
femme rasta.

Ras Tafari :
en Ethiopien « Ras » correspond à « tête » et se retrouve comme titre honorifique chez les seigneurs féodaux. « Tafari » : celui qui inspire la crainte. Nom d’Haile Selassié avant son couronnement impérial.

Satta Amassa Gana :
en Amharique, « louons et prions ».

Sistren :
sœurs.

Wolf :
Faux rasta. Individu arborant des locks sans adhérer à la philosophie rasta.

Zion :
le paradis terrestre, l’Afrique, l’Ethiopie.

Big up: Cri d'enthousiasme poussé par le public ou l'animateur d'une soirée pour manifester sa joie à l'écoute d'un morceau. Sert aussi à remercier quelqu'un. Il est maintenant communément employé dans le RAP.

Dance hall: terme controversé qui dans sa traduction littérale, désigne une salle ou l'on dance (l'équivalent du dance Floor ruled by our friend Morp!). Le terme dance hall  a toujours été employé en Jamaïque pour désigner le style le plus populaire du moment dans les soirées. Ce terme en est venu à caractériser un style musical plus particulier (aussi appelé ragga) que l'on oppose au ROOTS.

Dance crasher: titre d'une chanson d'Alton Ellis sur Studio 1, un dance crasher est un homme de main qui s'arrage pour gâcher les soirées des concurrents, par exemple en créant des bagarres... comme on en trouve tant dans nos parties reggaes ou non. Ainsi dans les années 60, losque le producteur Duke Reid donnait une soirée, son rival Coxone y envoyait des dance crashers afin de discréditer cet adversaire. depuis, ce terme est tombé dans la désuétude.

Deejay: pour nous, un deejay est un type qui passe des disques. En Jamaïque, c'est l'animateur qui parle sur la musique pour mettre l'ambiance. Très tôt présents, ils sont cantonnés à un service minimum jusqu'à ce que le producteur Duke Reid décide d'enregistrer son meilleur animateur sur vinyle: U Roy. J'ai pas pris ca au sérieux, confie-t-il. Au début, c'était plus un délire.  ses deux premiers titres deviennent coup sur coup numéro un en 70. Un nouveau style était né,  qui allait jconcurrencer  les chanteurs jusqu'à les reléguer au second plan.

Disco 45: L'importance des deejays devient si importante au début des 70's, que les producteurs ont finin par sortir des maxis 45 tours où le chanteur est aussitôt suivi d'un deejay, sur la m^me face et sur le même riddim! Ce conditionnement musical est appelé un Disco 45. Lorsu'il n'y a pas de deejay, et que seule la version instrumentale suit la version chantée, on appelle cela un showcase.

Dub plate: Morceau unique d'un artiste généralement commandé par un sound system. La plupart des dub plates sont des chansons connues dont on se contente de changer le texte pour glorifier le sound system qui paye pour ce morceau. Elles sont enregistrés sur des rythmiques déjà toute faites en un temps record. Si les paroles sont entièrement originales (ou qu'un chanteur fait exceptionnellement le deejay par exemple) cela devient une spécial. car seul un sound au monde peut jouer ce titre.

Dub fi dub:  Dans les soirées ou deux sounds systems s'affrontent à coups de disques - cela s'appelle un sound clash- le dub fi dub est la dernière étape de la confrontation. A ce moment là, les deux adversaires passent une chanson chacun leur tour! généralement, c'est là qu'ils sortent leurs meilleures dub plates. On est alors au petit matin et le clash atteint son paroxysme. les rares K7 pirates qui portent la mention dub fi dub sont généralement superbes! A la fin de cette étape, le public décide quel sound a été le plus convaincant. L'autre est enterré: le burial.

 

gun salute:  L'enthousiasme déclenché par la musique par certains admirateurs du ghetto était, auparavant, manifesté au travers du bris de bouteilles sur le sol. Pour faire plus de bruit encore, les truands du ghetto ont fini par tirer des coups de feu en l'air lorsque leur chanson favorite était jouée!

Gun tune: Souvent décriées comme étant responsables de la montée en puissance de la violence, les gun tunes sont les morceaux qui glorifient les armes à feu et les prouesses crapuleuses de leurs propriétaires.

Kill a sound Bwoy: Le lexique des sound system est décidément guerrier. Il s'agit de "tuer" son adversaire. Kill a sound bwoy est un cliché du reggae que l'on entend surtout dans les dub plates. Un sound bwoy est un type qui bosse dans les sounds. Le mot bwoy visee à ridiculiser. L'acte de tuer est évidemment du second degré: il n'est que musical.

Riddim: Déformation du mot anglais rythm, un riddim est une rythmique tellement reprise qu'elle est devenue classique. Ainsi peut-on constituer des séries sur le même riddim. 15 chanteurs sur la même musique.

Selecta:  Désigne celui que l'on considère chez nous comme un deejay.

Slackness: Style musical aux paroles centrées sur le sexe et les exploits des jeunes du ghetto. Parfois vulgaire, mais souvent décalé et humouristique.

Talk over: Décrit l'acte qui consiste à parler par dessus un morceau qui est en train de passer. Des interjections courtes comme: Yeah Yeah Yeah! qui donneront naissance en 1970 au deejay style.

Version: Avant, confie le producteur Bunny Lee, la face B d'un 45 tours, on appelait ca la Part 2. Et puis un jou, au studio de Duke Reid, U Roy enregistrait. Il a dit comme ça: "Yeah, ceci est une autre version!" J'ai dit à Duke: "t'as entendu comment il a appelé ça?" C'est venu de là. Depuis, la version est toujours la face B des 45 tours, et offre généralement la version instrumentale de la face A. Un espace qui est rapidement devenu un terrin d'essai pour les ingénieurs du son qui finiront par inventer.... le Dub!

Wheel up (ou Pull Up): Lorsqu'un morceau déclenche l'hystérie de la foule dès les premières notes, on l'arrête pour le remettre au début en criant: "Wheel Up!" littéralement "rembobine!". Le deejay qui anime s'adresse souvent à son selecta à ce moment là: "Wheel Up Selecta!" Une pratique devenue courante jusque dans les concerts.

 

 

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